Construction de l’épi de la Roberte au Mées (04)

Dans le cadre de la politique générale de lutte contre les inondations de la Durance vient d’être réalisé un important ouvrage sur la Commune des Mées. Il s’agit de l’épi de la Roberte qui complète le dispositif important de protection déjà mis en place sur cette commune à la suite des crues de 1994.

01. Avant les travaux

Un ouvrage de « nouvelle génération »

Il est à noter en effet que le Syndicat Mixte de Protection des Rives de la Durance et la commune des Mées, à la suite des crues de 1994, avaient déjà réalisé plusieurs aménagements destinés à améliorer la sécurité au regard des crues et des risques de rupture de digues, sur ce secteur particulièrement exposé.

Il s’agissait en particulier de :
- la mise en place sur l’épi de Trabuc d’une partie renforcée au déversement qui constitue en quelque sorte une avant-première de la politique d’abaissement des épis préconisée par l’Etude Globale Basse et Moyenne-Durance et son Schéma de Gestion.
- l’abaissement de la digue longitudinale joignant l’épi de Trabuc au remblai de la route d’accès au pont. Cette digue est donc aujourd’hui déversante dans l’un et l’autre sens, ce qui répond à l’objectif d’assurer la protection de la zone d’activité aval contre la crue centennale en permettant le retour des eaux à la rivière en amont du pont.

Partant de ce rappel, l’élaboration des propositions du Schéma Global de Gestion de la Durance pour ce secteur a pris en compte les risques subsistant au niveau urbain, malgré ces premiers travaux importants effectués. Ces risques consistaient dans le fait que la reprise observée d’une forte divagation de la Durance en amont, pourrait provoquer la destruction de l’épi de Trabuc, envoyer des débits importants sur la rive gauche en amont de la route d’accès au pont et recréer ainsi un risque grave pour la zone urbanisée aval. Dans cette optique la création en amont de l’épi de Trabuc de l’épi de la Roberte, également équipé d’une partie renforcée au déversement apparaissait comme un complément indispensable aux modifications déjà apportées pour améliorer la sécurité du dispositif existant.

La structure de l’épi est conçue pour contrôler sans la supprimer la submersion de la plaine. Elle est de ce fait conforme aux propositions du Schéma Global de Gestion de la Durance concernant le calage des épis existants ou futurs. Cet épi permet également une protection des sols contre l’érosion, qui est ici plus nécessaire que partout ailleurs en Durance en raison du rétablissement prochain des apports sédimentaires de la Bléone, rétablissement qui fera de cette zone l’une des plus mobiles et fluctuantes de la Moyenne et de la Basse-Durance. Notons au passage que cette protection contre l’érosion des sols concerne dans ce secteur un enjeu tout particulier puisqu’en dehors des terres agricoles, elle intéresse aussi directement les installations du gazoduc qui représentait de ce point de vue une vulnérabilité forte.

On constate ainsi que ce projet se place dans la nouvelle logique de gestion préconisée pour les décennies à venir sur la Durance et qui constituera un des axes majeurs du futur Contrat de Rivière du Val de Durance.

Le montage et le contenu de l’opération

Le Syndicat Mixte de Protection des Rives de la Durance a assuré la maîtrise d’ouvrage en tant que mandataire de la Commune des Mées, en s’appuyant sur l’équipe technique du SMAVD et les travaux ont été assurés par l’Entreprise GARDIOL basée à PEIPIN (04).

Cet ouvrage est constitué d’un tronçon insubmersible sur 260 m côté terre, et d’une partie plus basse côté Durance, conçue pour résister aux vitesses de déversement sur une longueur de 394 m (soit une longueur totale de 654 m) pour l’ensemble de l’ouvrage. Les travaux ont nécessité la mise en œuvre de :
- 30 000 m3 de terrassements
- 12 000 T d’enrochements compris entre 500 et 3 000 kg (soit l’équivalent de 600 semi-remorques)
- 1 500 m2 de matelas de gabions.

Les travaux se sont déroulés entre janvier et mi-avril 2004. Le montant de l’opération s’élevant à un prévisionnel de 610 000 € a bénéficié de financements de l’Union Européenne, de la Région PACA, du Département des Alpes-de-Haute-Provence , de G.D.F. et de la Commune des Mées.