La vie piscicole

L’aménagement et la gestion du cours d’eau à des fins hydroélectriques constituent, sur le plan piscicole, les contraintes les plus importantes.

La faune de la Durance post-aménagement est désormais moins variée, moins abondante et ne contient pratiquement que des espèces peu exigeantes en terme d’habitat. Les espèces d’eau plus chaude à faible exigence habitationnelle et à large répartition longitudinale, se sont développées au détriment des espèces d’eau froide à très faible amplitude d’habitat et à distribution altitudinale plus marquée. Les espèces les plus polluosensibles et les plus exigeantes en terme d’habitat sont devenues marginales. Seuls quelques rares secteurs hébergent encore une faune variée possédant des organismes sensibles à la pollution.

36 espèces ont été recensées au total sur l’ensemble des opérations d’échantillonnage menées depuis la fin des années 1980. Mais cette richesse apparente masque une représentation et une répartition inégale de ces espèces : les espèces des cours d’eau chauds (black-bass, gambusie, poisson-chat, ...) et les migrateurs (alose, anguille, mulets) sont strictement localisés dans la partie terminale de la Durance ou dans les plans d’eau créés artificiellement. Outre cette répartition longitudinale inégale, le peuplement se caractérise par la faiblesse de la représentation de certaines espèces ou le caractère aléatoire de leur présence : truites, apron, bouvière, rotengle, loche de rivière... et par un déséquilibre marqué des peuplements en place dominés par quelques espèces de cyprinidés : chevesne, spirlin, blageon dans les zones courantes et brèmes au niveau des souilles.

Au-delà des modifications hydrologiques et morphologiques ayant entraîné de fortes perturbations de l’habitat aquatique, la quasi permanence de faibles débits entraîne :
- un cloisonnement longitudinal par insuffisance de la lame d’eau sur certaines têtes de radiers,
- la concentration et l’exacerbation des pollutions et de leurs manifestations (proliférations algales),
- l’amplification de l’effet traumatisant des crues (variations hydrologiques plus brutales et présentant une amplitude plus forte).

Entre le barrage de Serre-Ponçon et Sisteron, un autre élément contraint de manière supplémentaire les potentialités piscicoles : le colmatage du lit par les limons. D’autre part les barrages et seuils sont des obstacles aux déplacements et contribuent à la compartimentation longitudinale du cours d’eau. Enfin, la qualité de l’eau peut se révéler limitante (notamment à l’aval de Château-Arnoux - St Auban).

Il est à noter que des opérations destinées à rétablir la continuité piscicole en aval du barrage de Mallemort ont été engagées depuis 2002 en anticipation du Contrat de Rivière du Val de Durance : aménagement de passes à anguilles dans les barrages de Bonpas et Mallemort et étude de franchissabilité des seuils 67 et 68, au droit d’Avignon.