Les milieux alluviaux

La Durance abrite un patrimoine biologique très important, mis en évidence par la richesse et la diversité de sa faune et de sa flore et la présence de nombreuses espèces endémiques ou remarquables au niveau national ou européen. En botanique on compte pas moins de 54 espèces remarquables dont 13 sont protégées en France ou en Région PACA, et/ou inscrites sur la liste rouge nationale des espèces menacées. En ornithologie, on dénombre 110 espèces nicheuses (richesse comparable à celle de la Camargue). L’avifaune nicheuse est également remarquable par ses effectifs. 92 espèces sont recensées régulièrement en hivernage, plus une petite vingtaine qui n’est présente que ponctuellement lors des phénomènes climatiques exceptionnels. Nombre d’oiseaux sont particulièrement rares au niveau national voire européen. Les mammifères présentent également des enjeux patrimoniaux (Castor, Chauves-souris). Enfin, la Durance abrite une faune très intéressante en insectes, notamment en papillons, coléoptères et libellules ...

Près de la moitié du linéaire de la Durance entre Serre-Ponçon et le Rhône fait l’objet de classements divers (ZNIEFF, Arrêtés de Conservation du Biotope, réserves naturelles). De plus, la totalité du périmètre d’intervention du SMAVD a été désignée en 2006 comme site Natura 2000.

Suite à la mise en service des aménagements la Durance a perdu 20% de son espace naturel, essentiellement au profit des grandes infrastructures et de l’agriculture. Au sein de cet espace naturel, composé schématiquement de la bande active (bras en eaux et iscles peu végétalisés) et de la ripisylve (ou forêt alluviale), c’est la “bande active” qui a diminué (- 40%) et non les ripisylves qui sont au contraires plus importantes aujourd’hui en superficie (+ 30%).

Dans le contexte hydrologique actuel, seul l’essartement régulier du lit a permis de maintenir une bande de largeur variable au sein du lit exempte de végétation arborée. Aujourd’hui, la Durance n’ayant plus une mobilité suffisante pour assurer elle-même l’entretien du lit ou maintenir la diversité habituelle des rivières en tresse, seul cet essartement permet d’éviter une réduction excessive de la bande active. Toutefois, les essartements dans leur forme actuelle n’ont pas le même effet qu’une action fluviatile aléatoire dans le temps et dans l’espace. Appliqués régulièrement sur la même surface, ils tendent à simplifier radicalement le lit (l’uniformité de la zone essartée a, par exemple, provoqué la disparition de 90% des îles boisées). Ainsi, les groupements végétaux les plus représentatifs des rivières en tresses ont fortement régressé au profit de forêt à bois durs et à bois tendre et de nouveaux milieux comme les roselières sont apparues, principalement dans les souilles et dans retenues.

Le Contrat de Rivière du Val de Durance prévoit de revoir les modalités de réalisation des essartements afin de retrouver une certaine diversité. Une expérimentation est en cours d’étude et de mise en œuvre.