Les apports en limons

On observe actuellement un accroissement majeur des apports de limons en Basse Durance, qui s’amplifiera encore dans les prochaines années.

Les limons issus du bassin versant situé à l’aval des grands réservoirs (de l’ordre de 2 à 3 Mt/an) ont été, pendant deux décennies, piégés dans les retenues de Moyenne Durance, aujourd’hui quasiment totalement colmatées, et envoyés vers l’étang de Berre par la dérivation hydroélectrique à l’exception des limons transportés lors des crues : les apports à la Durance à l’aval de Mallemort s’étaient réduits de l’ordre de 70 à 80%.

Aujourd’hui les retenues de St-Lazare et de l’Escale sont fortement colmatées et ne peuvent plus piéger d’avantage de matières fines. Parallèlement, le plan de reconquête de l’étang de Berre limite drastiquement les apports de limons à l’étang. Il s’ensuit un rétablissement des arrivées de limons en Basse Durance qui ont lieu pour partie lors des restitutions à Mallemort et pour partie lors des crues. Ce rétablissement des apports de limons a lieu avec des débits liquides modifiés par l’aménagement hydroélectrique par rapport à l’écoulement naturel.

Les conséquences de l’augmentation des apports en limons

Il faut s’attendre à deux phénomènes aux conséquences majeures tant pour la capacité d’écoulement des crues que pour la qualité des milieux alluviaux :
- Les ripisylves basses non essartées constituent de parfaits pièges à limons. Relativement épargnées jusqu’ici grâce à la faiblesse des concentrations en limons, elles seront fortement sollicitées dans les prochaines années. L’observation de crues récentes sur plusieurs cours d’eau (Var, Aygues, Isère et sur la Durance elle-même) a montré que des dépôts de plusieurs décimètres pouvaient avoir lieu au cours d’une seule crue. On peut donc craindre un exhaussement rapide de ces espaces si aucune mesure préventive n’est prise.

- Le colmatage des souilles d’extractions s’amplifie actuellement avec les nouveaux régimes de restitution à Mallemort. L’accroissement prévisible des apports de limons ne fera qu’amplifier le phénomène. Or, dès que des bancs émergent, leur colonisation par la végétation favorise le piégeage des limons et leur exhaussement, diminuant ainsi sensiblement la capacité d’écoulement du lit.

Des études sont actuellement en cours, dans le cadre de l’élaboration du Contrat de Rivière, (étude de l’amélioration du transport solide, études de l’évolution des souilles 67 et 68 au droit d’Avignon) dans le but de déterminer de nouvelles modalités de gestion de barrages et des aménagements destinés à lutter contre ce colmatage du lit.