L’aménagement hydroélectrique

L’aménagement hydroélectrique de la Durance est constitué en amont d’un grand réservoir ; le barrage de Serre-Ponçon, à partir duquel l’eau de la Durance est dérivée dans un canal qui achemine les eaux jusqu’à l’Etang de Berre. Le barrage de Serre-Ponçon, jusqu’à récemment la plus grande retenue artificielle d’Europe, contient 1,2 milliard de m3 d’eau, à comparer à la capacité totale des retenues EDF en France, voisine de 7 milliards de mètres cube.

A sa mise en eau en 1960, ce réservoir avait un double rôle :
- Réguler le cours de la rivière et stocker l’eau pour la production de toute la chaîne hydroélectrique de la Durance.
- Constituer une réserve d’eau agricole de 200 millions de m3 pour juguler les déficits chroniques d’eau et résoudre les conflits d’usages qui en résultaient sur la Basse Durance lors des périodes d’étiage sévère.

Le barrage de Serre-Ponçon est également devenu au fil du temps un pôle d’attraction touristique majeur, propice au développement des activités de loisirs et de sports nautiques. Le bassin de Serre-Ponçon représente aujourd’hui environ 40% de la fréquentation estivale des Hautes-Alpes et 10 à 12% des revenus touristiques annuels de ce département. A partir de Serre-Ponçon, le canal EDF longe la Durance jusqu’à Mallemort où il quitte la vallée pour rejoindre l’Etang de Berre. Véritable colonne vertébrale énergétique, le canal alimente en eau 25 centrales hydroélectriques.

Le débit d’équipement du canal est de 250 m3/s dans son tronçon terminal en Basse-Durance. Ce chiffre est à comparer avec le module naturel de la Durance, qui était de 180 m3/s à Mirabeau. Avec la construction de l’aménagement, les prises d’eau pour l’irrigation et l’eau potable qui existaient dans le lit de la Durance ont été reconstituées sur le canal EDF, les mettant ainsi à l’abri des crues. En Basse Durance, la dotation en eau pour assurer ces besoins, garantie par la réserve agricole de Serre-Ponçon en période estivale, peut atteindre pendant les mois de plein arrosage, 114 m3/s. Au total, 1,5 milliards de m3 sont prélevés pour l’irrigation en basse Durance et 230 millions de m3 pour alimenter en eau potable Marseille et sa région.

Outre son intérêt sur le plan énergétique, l’aménagement de la Durance a ainsi permis de mettre la Provence à l’abri de la sécheresse, de mieux répartir la ressource en eau entre ses utilisateurs et de garantir les arrosages de la basse vallée de la Durance et de la Crau. Toutefois, cet aménagement a eu également comme conséquence une modification du fonctionnement de la rivière :
- Modification du régime des crues ordinaires, substitution d’un régime de débit réservé aux étiages naturels,
- Incidences sur la nappe alluviale,
- Perturbation du transit sédimentaire et transformation de la morphologie fluviale,
- Modification de la dynamique des milieux naturels alluviaux,
- Transformation du paysage.